Thierry Loussouarn

mercredi 9 octobre 2024

39. Utilité et efficacité des ancrages de la PNL en sophrologie (3)

Préparer un patient peu de temps avant l'événement anxiogène

Quand une personne vient rencontrer un sophrologue dans l'urgence (examen, permis ou entretien très proche) certains sophrologues affirment que pour se préparer efficacement à un événement proche, il faut venir au minimum plusieurs mois avant l'échéance et qu'un laps de temps court (quelques semaines ou moins) ne permet pas d'obtenir de bons résultats ou encore que la sophrologie c'est d'abord un entraînement régulier et non une boite à outils, etc.

La PNL n'est pas une thérapie miracle (il n'y en a pas), mais elle offre au sophrologue des techniques simples, rapides et efficaces pour :

- libérer ou retrouver une ressource,

- faciliter une futurisation,

- comprendre l'origine d'une souffrance en remontant le temps, découvrir la genèse d'une difficulté,

- désactiver un événement douloureux voire traumatique.

Avec ces outils, nous pouvons répondre favorablement à une demande 'urgente'.

Les techniques d'ancrage de la PNL sont simples mais pour autant elles nécessitent un timing précis, l'installation d'une bonne alliance (la sophrologie nous y aide), une anamnèse approfondie, une information détaillée sur les mécanismes de l'ancrage et surtout un choix judicieux de l'outil. Car, ce qui peut être obtenu avec un outil PNL ne le sera pas forcément avec un autre.


 

38. Utilité et efficacité des ancrages de la PNL en sophrologie (2)

Les 4 grandes techniques d'ancrage

1. Créer une ancre pour se projeter positivement dans un événement anxiogène.

(a) Le sophrologue demande au patient de déterminer la ressource ou l'état interne positif dont il aura le plus besoin ce jour là : confiance, calme, concentration…

(b) Une fois la ressource définie, on propose au patient de revivre un souvenir au cours duquel cette ressource ou ce ressenti positif a été vécu.

(c) Le sophrologue crée alors ancre. Elle va alors se transformer en stimulus et permettre une futurisation beaucoup plus fluide et efficace.

(d) Dans une quatrième étape, le sophrologue active l'ancre et guide le patient dans la futurisation (ou S.A.P) de la situation anxiogène ou stressante. La ressource est alors ressentie physiquement et émotionnellement par le patient qui peut très facilement s'imaginer le jour J en toute sérénité grâce à l'état interne qui génère en lui beaucoup de confiance.

2. La désactivation d'ancres

Ce deuxième outil est particulièrement efficace pour aider une personne à se libérer d'un souvenir d'échec ou de tout autre traumatisme modéré.

Reprenons pour cela l'exemple de la situation anxiogène.

(a) On demande à la personne de repenser au souvenir douloureux où elle s'est sentie vraiment en détresse ou angoissée. Cet événement a pu se dérouler il y a quelques semaines ou quelques années.

(b) Le sophrologue ancre cette première situation et avec elle l'émotion négative qui lui est associée.

(c) Puis il procède à la création d'une seconde ancre. Celle-ci sera associée à une ressource comme nous l'avons vu dans le premier exercice.

(d) Enfin, il ne reste plus qu'à passer à la phase de désactivation. Le souvenir 'négatif' se transforme alors positivement, il est retraité et modifié notamment sur le plan émotionnel. Il devient maintenant beaucoup plus facile de se projeter positivement le jour de l'événement à venir (examen, entretien, conférence…) car les traces mnésiques négatives laissées par l'événement traumatique passé ont disparu.

La futurisation en PNL est appelée pont vers le futur. C'est bien le patient - et non le sophrologue - qui programme l'événement. Le sophrologue n'est là que pour assurer le bon déroulement de la technique en posant les ancres au moment opportun.

3. La dissociation V/K

Mais dans certains cas, l'événement vécu il y a quelques semaines ou quelques années, est toujours perçu comme un traumatisme intense. On utilise alors la technique de dissociation mieux adaptée à des situations plus douloureuses. La technique est finalement assez proche de la désactivation d'ancres mais, en aidant le patient à dissocier les parties visuelle et émotionnelle du souvenir, celui-ci peut travailler sur des scènes qui ont laissé des traces plus profondes.

Le changement d'histoire de vie

Enfin, si le patient vit depuis longtemps une même difficulté récurrente, le changement d'histoire de vie permet de (re)découvrir la genèse de cette problématique donc de retrouver des souvenirs - parfois très anciens - en lien avec elle. Ces souvenirs douloureux et parfois traumatiques seront traités les uns après les autres, du plus ancien au plus récent, avec un système d'ancrage proche de la désactivation et de la dissociation V/K. Des symbolisations peuvent être également proposées ainsi que d'autres techniques de réparation.

Ce qui est intéressant avec ces techniques, c'est qu'elles s'associent parfaitement aux A.I.S sophrologiques.

 


37. Une histoire - vraie - d'effet nocebo

Un homme décide de participer à une étude sur un nouvel antidépresseur.

Un mois plus tard, il se dispute violemment avec son amie.

Il avale alors tout son tube de médicaments antidépresseurs. Mais regrettant son geste, il sort rapidement de chez lui, perd conscience et tombe. Une personne lui vient en aide. Il explique son geste. Elle l'emmène à l'hôpital. Sa pression sanguine est à 80/40 et son pouls à 140. Il dit aux médecins ce qu'il a fait et montre le tube de médicaments vide. Ceux-ci téléphonent immédiatement au laboratoire qui les informe quelques heures plus tard qu'il s'agit d'un placebo. Les médecins avertissent immédiatement le patient. Instantanément, sa somnolence disparait, sa pression et son pouls reviennent à la normale.

Pouvons-nous également créer un état physiologique positif en étant convaincu des bienfaits d'une pratique ?

 


36. Lâcher-prise et ouverture pour se libérer du négatif VS Le déplacement du négatif

Le Donner - Recevoir

1. Créer une ouverture, un sentiment d'espace
Lorsque nous vivons quelque chose de désagréable, d'inconfortable, notamment sur le plan émotionnel, il faut inspirer. Inspirer signifie que nous ne résistons pas à ce qui se présente à nous. Nous inspirons la souffrance qui se présente à nous, donc nous lâchons prise. Et par la même occasion, nous prenons conscience que ce que nous vivons, des millions d'êtres humains le vivent également. Ce qui veut également dire que nous prenons la responsabilité de ce qui se passe là, en nous. Au lieu de rejeter la responsabilité de ce que nous vivons d'inconfortable sur autrui.
Pema Chödrön ajoute quelque chose d'extrêmement important. Elle dit que lorsque nous inspirons une douleur, quelque chose d'intense il faut, juste avant, créer un vaste sentiment d'espaced'ouverture. Car même au cœur de notre douleur, il existe cet espace vaste qu'elle appelle la bodhicitta.

Chaque fois que nous inspirons une souffrance ou quelque chose que nous voulons à tout pris éviter, que nous entrons véritablement avec ce qui nous fait souffrir, cela ouvre notre cœur au lieu de le refermer. Ainsi, nous faisons tout le contraire de ce que notre moi fait spontanément lorsque nous le laissons agir. Il faut donc - pour reprendre les mots de Pema Chödrön - faire d'abord jaillir l'ouverture. Une ouverture faite d'espace, et de silence.

2. Puis, nous nous visualisons en train d'inspirer du sombre, du lourd, du chaud (le négatif) et d'expirer du blanc, du léger et du frais (le positif). Nous pouvons constater que les émotions négatives - lorsque nous les vivons - nous semblent noires, lourdes et chaudes. On imagine que tout cela vient de toutes les directions et entre par les pores de la peau. Ça n'est pas la personne qui nous a ' mise en colère' que nous inspirons mais juste la colère. Nous allons ainsi à l'inverse de la stratégie du moi.

3. Et quand on expire, ce qui sort, c'est du blanc, du léger et de la fraîcheur. On imagine donc que l'on irradie du blanc, du léger et du frais. Pema Chödrön nous demande de permettre à ces sentiments d'occuper beaucoup d'espace. On ventile, on lâche prise, on aère avec cette expiration. C'est en fait entrer en amitié, en bienveillance avec soi-même.

De la même façon, lorsque nous éprouvons un sentiment très positif, une joie intense, un profond relâchement, nous pouvons entrer en contact avec ce sentiment, cette sensation, et, à l'expiration, nous l'envoyons vers les autres, vers l'extérieur afin d'irradier ce positif vers autrui.

Ce court article est une présentation très succincte de l'enseignement bouddhiste tel qu'il est présenté dans les ouvrages de Pema Chödrön et notamment 'La voie commence là où vous êtes' dont je me suis largement inspiré.

Pema Chödrön répète souvent que la pratique commence là où nous en sommes. Pas quand nous saurons bien méditer, pas quand nous aurons des sentiments plus purs, pas quand nous nous sentirons vraiment en paix mais là, aujourd'hui, où nous en sommes.

Si nous éprouvons beaucoup de violence en nous, c'est un magnifique point de départ. Si nous avons le sentiment d'être un moins que rien, c'est également un superbe point de départ.

Entrons en contact avec ce que nous avons l'habitude de juger, de détester et considérons nos passions, nos colères et notre indifférence (nos 'poisons') non pas comme des poisons mais comme un remède et un beau point de départ !

Vous aurez remarqué que la méthode présentée ici diverge complètement d'une des techniques majeures de la sophrologie, le déplacement du négatif.

Devons-nous pour autant remettre en question les techniques sophrologiques qui visent à la réduction du négatif? Bien sûr que non puisqu'elles ont fait leur preuve et que nous constatons leur efficacité sur nous-mêmes et sur nos patients. Les enseignements bouddhistes ne sont pas forcément adaptés à une demande thérapeutique en tout cas sur le court terme. Il ne s'agit donc pas de remettre en question ce qui fonctionne ! Continuons à déplacer le négatif et à inspirer le positif!

Le donner-recevoir- c'est le nom de l'exercice présenté - est un travail intérieur, personnel. Cette pratique bouddhiste puise ses racines dans les enseignements d'acceptation et de compassion; elle dépasse la sphère du moi pour mieux relier les êtres humains par la prise de conscience que la souffrance est universelle.

Caycedo s'est inspiré du Bouddhisme Tibétain pour la création de la relaxation dynamique du 2ème degré et notamment l'action positive.


 

lundi 7 octobre 2024

35. Alliance thérapeutique

Les sophrologues aiment les protocoles ! Il paraîtrait qu'il en existe de très efficaces pour travailler sur des problématiques difficiles ; tel sophrologue aurait même découvert comment venir à bout du manque de confiance en soi (en 8 séances)…


Mais le secret d'un suivi sophrologique ne réside t-il pas avant tout dans une bonne relation thérapeutique nommée alliance sophronique?

Quelles seraient alors les constituants essentiels de cette alliance qui conditionne bien souvent la réussite d'un suivi? Si on posait cette question à tous les sophrologues, nous obtiendrions sans doute de nombreuses réponses légèrement différentes les unes des autres mais néanmoins pertinentes.

Le ciment de cette alliance pourrait être un subtil mélange d'attention et de bienveillance (le 5ème principe de la sophrologie).


En effet, sans attention, nous n'écouterons pas vraiment notre patient ou nous projetterons sur lui ce qui joue dans notre tête.

Sans bienveillance, nous risquerions de n'être que des techniciens.

Pour reprendre le symbole du 'bonhomme chinois', l'attention se situe au niveau du cercle, la bienveillance au niveau de la croix. Il ne manque plus que l'engagement (le carré) pour unifier le tout.

Dans le face à face sophrologique, notre intention peut donc être celle-ci : maintenir une attention bienveillante ou bien instaurer une bienveillance attentive !