Thierry Loussouarn

mercredi 9 octobre 2024

36. Lâcher-prise et ouverture pour se libérer du négatif VS Le déplacement du négatif

Le Donner - Recevoir

1. Créer une ouverture, un sentiment d'espace
Lorsque nous vivons quelque chose de désagréable, d'inconfortable, notamment sur le plan émotionnel, il faut inspirer. Inspirer signifie que nous ne résistons pas à ce qui se présente à nous. Nous inspirons la souffrance qui se présente à nous, donc nous lâchons prise. Et par la même occasion, nous prenons conscience que ce que nous vivons, des millions d'êtres humains le vivent également. Ce qui veut également dire que nous prenons la responsabilité de ce qui se passe là, en nous. Au lieu de rejeter la responsabilité de ce que nous vivons d'inconfortable sur autrui.
Pema Chödrön ajoute quelque chose d'extrêmement important. Elle dit que lorsque nous inspirons une douleur, quelque chose d'intense il faut, juste avant, créer un vaste sentiment d'espaced'ouverture. Car même au cœur de notre douleur, il existe cet espace vaste qu'elle appelle la bodhicitta.

Chaque fois que nous inspirons une souffrance ou quelque chose que nous voulons à tout pris éviter, que nous entrons véritablement avec ce qui nous fait souffrir, cela ouvre notre cœur au lieu de le refermer. Ainsi, nous faisons tout le contraire de ce que notre moi fait spontanément lorsque nous le laissons agir. Il faut donc - pour reprendre les mots de Pema Chödrön - faire d'abord jaillir l'ouverture. Une ouverture faite d'espace, et de silence.

2. Puis, nous nous visualisons en train d'inspirer du sombre, du lourd, du chaud (le négatif) et d'expirer du blanc, du léger et du frais (le positif). Nous pouvons constater que les émotions négatives - lorsque nous les vivons - nous semblent noires, lourdes et chaudes. On imagine que tout cela vient de toutes les directions et entre par les pores de la peau. Ça n'est pas la personne qui nous a ' mise en colère' que nous inspirons mais juste la colère. Nous allons ainsi à l'inverse de la stratégie du moi.

3. Et quand on expire, ce qui sort, c'est du blanc, du léger et de la fraîcheur. On imagine donc que l'on irradie du blanc, du léger et du frais. Pema Chödrön nous demande de permettre à ces sentiments d'occuper beaucoup d'espace. On ventile, on lâche prise, on aère avec cette expiration. C'est en fait entrer en amitié, en bienveillance avec soi-même.

De la même façon, lorsque nous éprouvons un sentiment très positif, une joie intense, un profond relâchement, nous pouvons entrer en contact avec ce sentiment, cette sensation, et, à l'expiration, nous l'envoyons vers les autres, vers l'extérieur afin d'irradier ce positif vers autrui.

Ce court article est une présentation très succincte de l'enseignement bouddhiste tel qu'il est présenté dans les ouvrages de Pema Chödrön et notamment 'La voie commence là où vous êtes' dont je me suis largement inspiré.

Pema Chödrön répète souvent que la pratique commence là où nous en sommes. Pas quand nous saurons bien méditer, pas quand nous aurons des sentiments plus purs, pas quand nous nous sentirons vraiment en paix mais là, aujourd'hui, où nous en sommes.

Si nous éprouvons beaucoup de violence en nous, c'est un magnifique point de départ. Si nous avons le sentiment d'être un moins que rien, c'est également un superbe point de départ.

Entrons en contact avec ce que nous avons l'habitude de juger, de détester et considérons nos passions, nos colères et notre indifférence (nos 'poisons') non pas comme des poisons mais comme un remède et un beau point de départ !

Vous aurez remarqué que la méthode présentée ici diverge complètement d'une des techniques majeures de la sophrologie, le déplacement du négatif.

Devons-nous pour autant remettre en question les techniques sophrologiques qui visent à la réduction du négatif? Bien sûr que non puisqu'elles ont fait leur preuve et que nous constatons leur efficacité sur nous-mêmes et sur nos patients. Les enseignements bouddhistes ne sont pas forcément adaptés à une demande thérapeutique en tout cas sur le court terme. Il ne s'agit donc pas de remettre en question ce qui fonctionne ! Continuons à déplacer le négatif et à inspirer le positif!

Le donner-recevoir- c'est le nom de l'exercice présenté - est un travail intérieur, personnel. Cette pratique bouddhiste puise ses racines dans les enseignements d'acceptation et de compassion; elle dépasse la sphère du moi pour mieux relier les êtres humains par la prise de conscience que la souffrance est universelle.

Caycedo s'est inspiré du Bouddhisme Tibétain pour la création de la relaxation dynamique du 2ème degré et notamment l'action positive.


 

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