Thierry Loussouarn

dimanche 7 février 2016

10. Le SURMOI

Freud repère une instance de censure qu'il décrit comme voix de la conscience morale, d'agent critique, d'interdiction et d'observation et qu'il nommera le Surmoi. Cette instance, inconsciente pour une large part, va intervenir là où se rencontrent et se mêlent satisfaction et punition. Elle constitue une sorte d'autorité intériorisée.
De par une longue période de dépendance envers ses parents, l’individu voit se former le surmoi.
Il est issu de la personnalité des parents qui agit sur l’enfant.
Il résulte de l’influence des traditions familiales, raciales, nationales, de l’exigence du milieu social immédiat, des successeurs des parents ou leurs substituts: éducateurs, instituteurs.
Il est donc le prolongement de l’influence parentale et donc le résidu de l’éducation.
Le moi est obligé de tenir compte de cette instance.
Il refrène les satisfactions.
Il représente le rôle du passé, la tradition.
Le surmoi donne une tension, une culpabilité, une angoisse et une rigidité intérieure qui aboutissent souvent à la névrose dont les symptômes peuvent être autant physiques que psychiques.
Plus le surmoi est inconscient et plus il risque de devenir pathologique.
Le ça face au surmoi
Nous avons vu que le ça désignait les forces instinctuelles de notre l'inconscient (libido, instinct de mort, agressivité). Le ça existe dès la naissance et constitue le fond dynamique de notre personnalité. Le fond commun à toute l’humanité?
Nous avons vu également que le ça n'obéissait qu'au «principe de plaisir», c'est-à-dire qu'il vise à satisfaire les pulsions par la voie la plus directe. Mais aucune société ne saurait laisser libre cours à ces pulsions; toutes leur opposent une série d'interdits, dont les plus nombreux frappent la sexualité et l'agressivité.    
Dans la toute petite enfance, les pulsions s'expriment librement, puis elles se heurtent à ces interdits. Lorsque l'enfant a intériorisé ceux-ci, c'est-à-dire lorsqu'il les respecte de lui-même, on dit que son surmoi est formé. Le surmoi est donc le juge et le censeur du moi, la «grosse voix intérieure».
Les opinions varient sur l'époque de cette formation. Pour Freud, le surmoi se constitue lors de la liquidation de l'œdipe, entre trois et six ans. Pour d'autres (Mélanie Klein), il existe bien plus tôt. La manière dont il se forme est déterminante pour toute la vie ultérieure de l'individu. Le surmoi exerce sa juridiction sur le moi aux niveaux de la conscience et de l'inconscient.       
Soulignons enfin que le surmoi n'a pas seulement des aspects répressifs, mais qu'il propose constamment au moi des idéaux, des modèles culturels et moraux. Il devient alors le moi idéal ou idéal du moi.

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